En vertu de ce texte, que l'on désignera désormais comme la loi Tilmans, la publicité pour la chirurgie esthétique sera interdite, à l'exception de la publicité personnelle, c'est-à-dire celle qui permet à un praticien de se faire connaître en donnant un minimum d'informations sur ses activités. Les fameuses photos 'avant-après' ne seront plus autorisées.
'Depuis plusieurs années, la médecine esthétique 'commerciale' se développe de façon fulgurante à côté de la médecine curative. Cette médecine à la demande ne soigne pas, mais propose des interventions médicales non indispensables à la santé du patient devenu consommateur. L'esthétique médicale fait partie de la médecine 'business', explique Dominique Tilmans. 'Si la grande majorité des praticiens et des cliniques privées sont très performants, très professionnels et au-delà de tout soupçon, malheureusement, l'on constate souvent trop de dérives. Notre législation n'est pas seulement dépassée, elle est surtout inexistante pour y faire face ! L'année passée, environ un million de Belges sont passés par l'esthétique médicale. Il y a donc urgence !'
Notons qu'après l'étape du sénat, en mai, les représentants de la Société Royale Belge de Chirurgie Plastique, Reconstructrice et Esthétique (RBSPS) s'étaient réjouis de ce premier résultat. 'Cette loi représente une avancée significative pour tous les chirurgiens plasticiens belges et leurs patients', indiquait le Président de la RBSPS, Dr. Jean-Luc Nizet, ajoutant que depuis plusieurs années, il s'efforçait d'offrir une meilleure information et une meilleure reconnaissance du métier de chirurgien plasticien. La RBSPS considère en effet que l'esthétique médicale, et en particulier la chirurgie esthétique est une discipline médicale, donc non commerciale. 'A ce titre, les patients ont droit à toutes les garanties de qualité'. D'ailleurs, la RBSPS insistait aussi pour que le Parlement adopte rapidement les deux autres volets législatifs relatifs à la médecine esthétique : le premier traitant de la compétence et la formation requise des praticiens ; le second des normes de sécurité des centres dans lesquels sont pratiqués des actes d'esthétique médicale.
A noter que le Code belge de déontologie médicale fixe déjà des limites strictes à la publicité médicale… mais l'Ordre des médecins avoue éprouver des difficultés à faire respecter ces règles, en raison de l'ampleur quantitative du phénomène, des difficultés techniques liées au contrôle d'Internet et à l'absence de plaintes.
En 2009, on estimait qu'en Belgique, 16 % des femmes et 8 % des hommes avaient fait appel à la chirurgie esthétique. Alors si vous deviez être tentés, prudence ! Méfiez-vous entre autres de :
- l'exercice médical par un non-médecin sous prétexte qu'il s'agit d'esthétique
- des promotions
- des photos avant/après : beaucoup sont truquées
- des sites internet racoleurs
- de certaines cliniques qui emploient des médecins étrangers non inscrits à l'Ordre des Médecins en Belgique (parfois ils opèrent et disparaissent ensuite dans la nature et aucun recours n'est alors possible)
- des lasers de type III, IV et lampes flash : seuls les médecins devraient être autorisés à les utiliser et pas les esthéticiennes !
Aujourd'hui, n'importe quel médecin peut pratiquement poser n'importe quel acte dans presque n'importe quelles conditions de sécurité, de qualité et d'hygiène en milieu extra hospitalier. S'il s'agit d'un médecin esthétique, vérifiez s'il est inscrit à la Société belge de Médecine esthétique . S'il s'agit d'un chirurgien, il doit être inscrit à la Société royale belge de Chirurgie plastique, reconstructrice et esthétique . Enfin, avant toute intervention, il y a une consultation préalable, puis un délai de 15 jours de réflexion avant l'intervention. Le médecin doit toujours informer sur les contre-indications, les effets secondaires, les risques et complications, les soins et le suivi à apporter.
Actuellement en Belgique, 400 praticiens sont non reconnus, peu ou pas expérimentés, peu ou mal équipés.
Un dernier conseil : évitez le tourisme esthétique, en Afrique du Nord ou ailleurs : vous n'aurez aucun contrôle et pas de recours possible en cas de problème. De nombreux patients en ont fait les frais…