Traditionnellement, le CRIOC prête beaucoup d'attention à la consommation responsable. Préservant l'impact négatif sur l'environnement, nous avons pour habitude de conseiller les consommateurs d'adopter des comportements durables, qui ne nuisent pas à notre milieu de vie. Mais il est aussi important d'allier consommation responsable et éthique.
En Inde, les castes répartissent la population dans des groupes sociaux et entre eux, aucun échange n'est possible. Si la discrimination entre les castes est formellement interdite depuis l'indépendance de l'Inde, il n'en est pas moins qu'elle existe toujours dans la pratique. Les Dalits sont un groupe à part, qui ne relève même pas des castes. Ils sont aussi appelés les intouchables et ne peuvent aspirer qu'aux travaux les plus durs et les plus sales, pour lesquels ils ne reçoivent qu'un salaire extrêmement bas.
Dans l'état fédéré de Tamil Nadu, dans le sud-est de l'Inde, des jeunes filles doivent travailler dans des circonstances misérables d'exploitation pour fabriquer des vêtements de grandes marques. Le rapport de la SOMO et de l'ICN a analysé quatre grands groupes industriels: Eastman Global Clothing Exports, KPR Mill, Bannari Amman et SSM India. Les marques représentées sont Only, Jack & Jones, C&A, Diesel, Zara, Marks & Spencer, Primark, Tommy Hilfiger et d'autres marques connues, qui sont en vente en Europe et aux Etats-Unis.
La majorité des filles issues des Dalits âgées de moins de 18 ans sont employées dans le cadre du système appelé Sumangali. Dans sa pire forme, ce système ne diffère guère de l'esclavage. On promet à ces filles un bon salaire ainsi qu'un logement confortable et une somme intéressante d'argent à recevoir à la fin de leur contrat de trois ans. La réalité est cependant beaucoup plus sombre: les filles touchent un salaire qui reste en-dessous du salaire minimum, elles sont obligées de prester des heures supplémentaires, qui en plus ne sont souvent pas rémunérées. Sans compter que les jours des jours avoisinent la plupart du temps les 12 heures. De plus, leur liberté de mouvement est limitée, il ne leur est pas permis de porter plainte alors qu'elles travaillent dans des conditions de travail dangereuses et malsaines. Il s'agit d'une infraction aux normes internationales du travail et contre la loi du travail en Inde. L'Organisation internationale du Travail identifie leur situation de grave.
Bien que plusieurs entreprises (telles qu'Eastman, KPR Mill, C&A, Bestseller, GAP, Inditex, Primark, Tesco) ont déjà fait des démarches pour éliminer le système Sumangali de leur process de fabrication, l'exploitation de ces jeunes filles reste toujours un phénomène largement répandu.
La SOMO et l'ICN incitent tous les producteurs et distributeurs faisant appel à l'industrie textile de Tamil Nadu pour la fabrication de leurs produits, d'entreprendre des actions concrètes pour mettre fin à ces graves infractions contre les droits des travailleurs (H/F).
Le CRIOC soutient cet appel et demande aux consommateurs de prêter une attention particulière à ce problème. N'hésitez pas à consulter le rapport intégral (qui est seulement disponible en anglais). Vous pouvez le télécharger ici: Captured in Cotton. Vous trouverez également des informations pertinentes sur le site internet de Vêtements propres, une campagne qui met en cause la localisation où et les circonstances dans lesquelles sont produits les vêtements que nous portons tous.