Ces recherches montrent que les simulations et prédictions émanant des Nations Unies doivent être nuancées. En vérité c'est beaucoup plus complexe qu'on ne le pense. Ainsi, ne serait-il pas correcte de transposer la quantité de glace qui fond des calottes glaciaires en une augmentation du niveau de la mer en centimètres et d'en prédire l'influence directe sur un certain littoral. En outre, il n'est pas non plus réaliste de conclure que toutes les zones côtières de basse altitude vont être submergées.
Une étude des différents éléments qui causent une augmentation du niveau de la mer, mène à la conclusion qu'un niveau global de la mer n'existe pas et qu'on ne prend pas suffisamment en compte les processus littoraux et les éléments qui déterminent les changements côtiers. Les activités humaines ont une influence plus négative sur le risque d'inondation des basses côtes qu'une augmentation du niveau de la mer. Un barrage sur une rivière cause plus d'érosion du littorale qu'une augmentation du niveau de la mer. La subsidence, c-à-d. l'affaissement progressif d'une zone de l'écorce terrestre, par exemple en dessous de mégalopoles suite au pompage de quantités trop importantes d'eaux souterraines est parfois dix fois plus élevée que l'augmentation actuelle du niveau de la mer, et représente par conséquent un élément plus important de risque pour ce qui est de la vulnérabilité de ces zones urbaines et leur énorme population. Car l'histoire géologique des 10.000 dernières années démontre que le littoral dans les pays en voie de développement, où les côtes peuvent encore évoluer de manière naturelle grâce à l'absence presque totale de digues, et réussir à compenser l'augmentation annoncée du niveau de la mer suite aux dépôts naturels de sédiments.
Il ressort de cette étude qu'il est toujours possible de prendre des mesures pour limiter le danger pour les populations, même s'il semble être trop tard parce que le niveau de la mer augmente déjà très fort. En attendant, le CRIOC souligne que tant les autorités publiques que les consommateurs doivent prioritairement faire des efforts pour éviter le réchauffement de la Terre en diminuant les rejets de CO2 et en réduisant l'empreinte écologique. Cela peut se réaliser de nombreuses manières: choisir des moyens de transport respectueux de l'environnement, manger moins de viande, boire de l'eau du robinet au lieu d'eau en bouteilles, consommer des aliments produits localement, privilégier l'énergie verte et renouvelable, mieux isoler les logements, faire du tourisme durable, etc. Le CRIOC a déjà publié plusieurs articles sur le sujet.
Source: Vrije Universiteit Brussel