De l'engagement à la mise en oeuvre : le COIB doit franchir le pas !
En 2008, en pleine préparation de JO de Pékin, le COIB s'engageait à inclure une clause sociale claire et précise dans ses contrats de sponsoring et d'équipements. Depuis, le COIB n'a pas communiqué d'information sur la mise en oeuvre de cet engagement.
Compte tenu de ces engagements et soucieux de s'assurer que les tenues officielles de nos athlètes sont fabriquées dans "l'esprit olympique", achACT et la Schone Kleren Campagne ont demandé à plusieurs reprises à JBC de fournir la liste de ses fournisseurs ainsi que des informations sur les conditions de fabrication des tenues des athlètes belges. A ce jour, nous ne sommes toujours pas en possession de ces éléments. JBC nous a toutefois répondu via courrier. Dans sa lettre, l'enseigne belge présente les efforts réalisés. Elle montre aussi beaucoup de faiblesses… et de contradictions.
Des avancées concrètes dans l'industrie du sport : JBC et COIB doivent s'en inspirer !
En février 2012, le rapport On ne joue pas avec les droits des travailleurs dénonce, preuves à l'appui, du travail d'enfants, des heures de travail excessives, de salaires trop faibles ou de conditions de travail dans les filières de production des produits olympiques. Mis sous pression, le Comité organisateur de JO de Londres (LOCOG) s'est engagé à publier la liste des principaux sites de production en Chine et au Royaume-Uni, à informer les travailleurs de leurs droits et à mettre en place une procédure de plainte accessible aux travailleurs. Suite à cet engagement, Adidas a publié la liste de ses fournisseurs olympiques.
L'industrie du sport a également montré ces derniers mois, une réelle volonté d'enfin créer un cadre sectoriel de respect des droits des travailleurs en Indonésie. Les marques Nike, Adidas, Puma, New Balance, Asics en Pentland (Speedo) ont signé avec cinq syndicats indonésiens un accord qui garantit l'exercice de la liberté syndicale chez leurs fournisseurs.
Toujours en Indonésie, les travailleurs de PT Nikomas, un fournisseur de Nike, ont obtenu après 11 mois de négociation, le paiement d'heures supplémentaires non-payées pour un montant total d'1 million de dollars.
Il reste beaucoup à faire !
Le Comité International Olympique (CIO) n'a encore pris aucun engagement concret pour faire respecter les droits des travailleurs qui fabriquent des produits Olympiques. Un tel engagement serait pourtant plus que nécessaire pour garantir de bonnes conditions de travail.
En effet, les travailleurs de l'industrie du sport ne sont pas au bout de leurs efforts. Le dernier rapport Fair Games, publié par l'alliance Play Fair, montre que de graves violations des droits des travailleurs se perpétuent de manière systémique, notamment en Chine, au Sri Lanka et aux Philippines, et notamment chez des fournisseurs d'Adidas.
EN SAVOIR PLUS
Auteur : Catherine Parmentier